Je ne suis pas Charlie…et je t’emmerde

Cette article fait directement suite à mon article précédent sur l’influence (délétère) des trois grandes religions monothéistes. Je me suis longtemps posé la question de savoir si je devais être Charlie ou pas. C’est pourquoi je réagis maintenant, privilégiant le fait de vivre les évènements avant de les écrire.

Ça s’appelle le recul.

Je n’ai pas manifesté le 11 janvier. Je n’ai pas été saisi d’un esprit républicain qui m’a fait lever les bras en l’air et crier pull up pendant les discours éculés de la classe politique. De tous ceux que je côtoie, personne n’est allé manifester. Que ce soit mes frères qui sont bien moins rageux et bien plus « intégrés » que je ne l’étais à l’époque ou mes amis.

Alors je me suis posé la question : Dois-je être Charlie parce que les victimes étaient l’incarnation suprême de la liberté d’expression, comme l’a déclaré le Président de la République ? Le fait d’être un agnostique revendiqué me rapproche t-il des positions de ce journal laïc ?

Disons les choses comme elles sont. Les caricatures publiées dans Charlie Hebdo me sont très vite apparues de mauvais goût. Dans la majorité des caricatures sur l’islam, j’ai l’impression qu’il s’agissait plus de surenchère pour courir le lecteur que d’une critique envers l’extrémisme religieux. Franchement, il y’ a beaucoup à dire sur l’islam mais représenter un prophète (dont toute représentation picturale est interdite) avec une bombe sur la tête ? Vous imaginez la violence que ça peut être pour des gens qui vivent leur foi au quotidien ?

Je parle de l’islam comme j’aurai pu parler des catholiques.  Voir Benoît XVI grimé en prêtre lubrique prêt à sodomiser des enfants c’est plus que limite. Les gars de Charlie n’ont pas su faire la différence entre une insulte et l’expression d’une libre pensée. Ils ont terriblement manqué de psychologie et ça leur a malheureusement coûté la vie.

Et puis ces histoires de liberté d’expression à géométrie variable ça me fait bien rire.

Charlie s’est moqué des chrétiens, Charlie s’est moqué des musulmans, parfois, des juifs ; toutefois, je ne les imagine pas une seule seconde publier une caricature présentant le prophète Moïse, avec une kippa et des franges rituelles, sous la forme d’un usurier à l’air roublard, installé au coin d’une rue à taxer du fric aux travailleurs pauvres.

On ne peut pas s’ accommoder d’un côté, de l’interdiction faite à Dieudonné d’exprimer sa « critique » et ses « plaisanteries » à l’encontre des juifs puis de l’autre cautionner les tonnes de mollards déversés sur les musulmans et leur foi. Si on trouve que la tenue d’un spectacle privé est un trouble à l’ordre public, comment penser que l’humiliation du personnage central d’une religion, humiliation qui a incité des millions de personnes à manifester à travers le monde, n’en est pas une ?

♫ C'est rien, c'est rien...ça va pas bien loin ♫

♫ C’est rien, c’est rien…ça va pas bien loin ♫

Le jour des attentats commis par les trois tarés criminels, est parue, sous le titre : Soumission, « La France musulmane » le dernier opus de Michel Houellebecq.  Un bestseller ! Le parallèle avec le livre  La France juive publié par Edouard Drumont en 1886 est saisissant. Ces deux livres, chacun en son temps, ont bénéficié d’une large et chaleureuse réception. Quelle est la différence entre les deux ? Houellebecq sait qu’au début du 21ème siècle, il est interdit d’agiter une menace juive, mais qu’il est bien admis de vendre des livres faisant état de la menace musulmane. Alain Soral, moins futé, n’a pas encore compris cela, et de ce fait, il s’est marginalisé dans les médias… Houellebecq, en revanche, a été invité, avec tous les honneurs, au journal de 20 heures sur la chaine de télévision du service public, à la veille de la sortie de son livre qui participe à la diffusion de la haine et de la peur, tout autant que les écrits pervers de Alain Soral.

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Je préçise que je ne suis ni pro-Dieudonné, ni Soralien mais je pense que Alain Soral est à la critique de la communauté juive exactement ce qu’un Eric Zemmour est à la critique de la communauté musulmane. L’un et l’autre tombent d’ailleurs trop facilement dans les approximations et les « caricatures » (le mot est bien choisi). Ceci dit, quand l’un (Soral) subit l’ostracisme de la classe médiatique, l’autre (Zemmour) est une star incontestée du paysage audiovisuel français. Méditez bien la dessus: Les musulmans aujourd’hui c’est un peu les juifs des années 30 et Charlie ne faisait que surfer sur la vague. Point à la ligne.

Racolage Passif

Racolage Passif

Je ne suis pas Charlie et je ne crois pas  à l’union nationale décrétée par le Président. Tous simplement parce que les politiques sont en partie responsables de la situation actuelle.  Quand les américains violent l’Irak sans préservatif et laissent le pays en proie au chaos, à la corruption et aux exactions d’une minorité sur la population pauvre… On accouche de Daesh moins d’une décennie plus tard.

Quand Sarkozy et son grand pote BHL décident, comme ça sur un coup de tête, après le petit dej’, de saccager le gouvernement libyen, sans proposer la moindre alternative crédible, on débouche sur la chaos actuel, où les islamistes ont toutes les marches de manœuvre pour recruter et faire péter des bombes un peu partout.

Quand on parque une population arabo-musulmane, pauvre, non éduquée dans des ghettos sans accès à l’éducation, sans accès à la culture, sans accès à l’ascension économique et sans espoir que la vie puisse s’améliorer dans les voies légales; on accouche de toute une génération de mecs et meufs baisés, sans espoir, sans avenir, sans projets et dont la seule possibilité d’intégration ne passe pas par la république, la démocratie, le peuple, toutes ces notions vagues et hypothétiques comme des pets de poules.

Quand toute forme d’espoir disparaît, l’âme n’est qu’une flamme qui consume le corps et l’esprit. L’être n’est plus qu’une boussole cassée, condamné à tourner en rond et à reculer jusqu’à la chute finale. A la recherche de souffle, l’échappatoire apparaît alors comme le plus petit commun dénominateur : La religion. Pas traditionnelle et faîte de cérémonies et de petites satisfactions comme celle de nos pères. Mais brutale, violente, acérée et ardente comme celle enseignée dans la promiscuité d’une cave délabrée. Comment calmer le feu intérieur ?

Vous avez une part de responsabilité dans le fait qu’ils soient islamistes.

Je suis aussi de cette génération sans rêves pour qui l’espoir est un vilain mot et la république comme la réminiscence d’une  nostalgie tellement enfouie qu’on a l’impression de ne pas l’avoir vécue. Seulement j’ai substitué la kalachnikov par une plume acérée, incisive et pertinente.

Je ne suis pas Charlie et surtout je t’emmerde.

Triturez vous l’anus tant que vous voulez mais seulement ne me demandez pas de vous lécher les doigts.