Veisalgie

Le glas sonne sine qua non et tes entrailles résonnent. Un bruit qui se prolonge encore et encore te martèle le crâne. Chanceler d’un pied gauche mal assuré, d’un corps à peine assumé, d’une réalité éculée,  d’une puanteur d’enculé. Tes jambes flageollent, le plafond tremble de marbrures grises.
Saloperie.

Hier soir, Triice a dit : ce soir je bois alors ce matin tu trinques. Regard flou, furtive envie de mort sur un soleil naissant, un frisson glacé te parcourt l’échine. Ce matin tu n’as pas la trique. Grondement sourd dans le bas ventre, lourd d’effrayantes promesses. Tu sens le rugissement de cerbère : un hymne bestial.

Ton premier mal naît d’un geste inconscient : Bouger le coude. Et là, c’est le drame. Péristaltique sera la descente. Sphincter, œsophage, acides : Bourreaux barrés aux noms barbares se jouant du repenti bourré. Gargouillis.

Matin. Seul témoin d’une déchéance musclée. Tu fuis l’entourage. Abreuvage. Comme l’espoir soudain d’y échapper. Tu rotes. Soudain tes espoirs de rémission meurent dans l’air, comme l’acide vaporeux du mousseux qui bat ta poitrine.

La fête d’hier était commandée par Dionysos chuchote ta mémoire pleine de plaisirs fugaces.

Hier tu étais en retard. Comme une sensation qui monte du bas ventre, le son te bat les tempes dès le rez-de-chaussée. Félicité promise au troisième étage. Confiance. Ce soir tu es en tête des charts. Tes pensées sont pleines de chattes.
La porte s’ouvre sur une bacchanale.

Battage assourdissant, déhanchements harmoniques sont la promesse d’un lendemain orgasmique. Le taux d’alcoolémie médian crève le plafond, tu humectes tes lèvres, chassant le regard furtif, ivre d’ouvertures, malade d’envie à la recherche de la proie facile. Ce soir tu bois.

Tes intestins ont juré allégeance à Hestia, chuchote ta conscience pleine d’un sadisme salace.

Flou se fait le miroir sans teint de tes espérances brisées sur la cuvette des latrines. Puis, bris de glace. Tout se casse,  ton vieux corps est pris de spasmes. Exhalaison torrentielle, souffle coupé, contractions involontaires, jérémiades abdominales.

Ne pas  se faire remarquer. Tenir le cap. Savoir contrôler son corps. Se reprendre. Mano à Mano.
Face à Face. Distinguer un semblant de portrait dans le gribouillis verdâtre. Se vider de plus belle.

Se courber et espérer voir passer la tempête, puis se remettre en selle. Etendu au sol. Fermez les yeux.  S’imaginer fuir. Imaginer le pire. Ton foie se meurt, tes entrailles s’éraillent, tu entends  comme un écho lointain.

L’histoire d’une prochaine fois sans cesse renouvelée. Alcoolique. Ca n’est pas la dernière. Pour autant te croyais-tu remis ? Tu mens. Et ton petit fondement veut jouer sa partition. Après le tsunami tu t’assois sur le trône pour évacuer l’incendie.

Enfer des illusions de la veille ou paradis des déboires oubliés, Fabien avait raison.

Le purgatoire c’est un putain de lendemain de cuite

 

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